Historique du CAM au Congo
Le Comité d’Aide Médicale est intervenu au Congo dès 1995. Ses premières actions ont été réalisées dans le cadre des programmes suivants : de 1995 à 1999, le Comité d’Aide Médicale a participé à la construction de classes à l’Ecole Spéciale de Brazzaville qui accueille les exclus du système scolaire. Des pharmacies de brousse à Kinkala et M’Banza-N’Ganga ont été approvisionnées, ainsi que les dispensaires de l’Ecole Spéciale et de la Maison d’Arrêt de Brazzaville. Par ailleurs, une formation professionnelle à l’agriculture en partenariat avec l’Ecole Spéciale de Brazzaville et Agricongo a été mise en place. Entre août 1999 et décembre 2000, le Comité d’Aide Médicale a donné un soutien médical à l’Ecole Spéciale et de janvier 2000 à juin 2001, l’hôpital de référence Dolisie a été remis en fonctionnement. Un soutien pédagogique et technique de l’école paramédicale de Dolisie a eu lieu entre mars 2000 et mars 2001.
A partir de décembre 2003, le Comité d’Aide Médicale a concentré son action sur la promotion de soins de santé primaires dans le Pool, un des Départements les plus touchés par le conflit civil et un des plus enclavés.
Activités en 2005

Ses activités en 2005 se sont inscrites dans le cadre du « Programme pour l’accès aux soins de santé primaire dans les districts de santé de Goma Tsé Tsé et de Mayama - Kindamba, région du Pool, République du Congo » qui a débuté en décembre 2003 grâce à un financement ECHO et qui a duré jusque juillet 2005. Pendant cette période, le Comité d’Aide Médicale a développé son activité dans les districts de Goma Tsé Tsé et Mayama-Kindamba où il a apporté, dans le cadre de l’urgence post-conflit, un soutien à 10 centres de santé et 2 maternités (à Kibossi, Goma Tsé Tsé, Dzoumouna, Linzolo, Loumou, Mabaya, et Taba pour le district de Goma Tsé Tsé et à Nkoué, Renéville et Mayama pour le district de Mayama-Kindamba).
Les principaux volets d’activités, ayant pour objectif de contribuer à la diminution de la mortalité par l’amélioration qualitative et quantitative de la couverture médicale curative et préventive, comprenaient :
la réhabilitation légère des 12 structures.
la distribution d’équipement médical, y compris d’équipements et réactifs de laboratoire.
la distribution des médicaments essentiels.
la mise en place et le maintien de la chaîne de froid pour la distribution des vaccins.
la formation continue du personnel médical local.
la supervision du personnel médical (instauration d’une prime de motivation).
la supervision du fonctionnement des centres de santé.
la relance des comités de santé.
des campagnes de sensibilisation sur les thèmes sida/MST, paludisme et PMI.
Résultats atteints en 2005
Pendant la durée du projet, la prise en charge du malade dans les CSI a pu être améliorée
par un fonctionnement régulier du centre (personnel présent 24h/24 et approvisionnement régulier en médicaments).
par l’augmentation du niveau du personnel de santé (formation continue).
par l’équipement des centres en matériel médical visant à l’amélioration de la qualité des soins
Le service de protection maternelle et infantile dans les aires de Santé a également été amélioré. Au cours de ce projet, le Comité d’Aide Médicale a accordé une attention particulière à la protection materno-infantile qui s’est traduite notamment au niveau des CSI par :

une amélioration de la régularité du service de protection materno-infantile.
une amélioration de la qualité et de la sécurité des soins réalisés dans ce service.
une sensibilisation renforcée des populations (planning familial, CPN/CPS, IST/sida, paludisme, hygiène, etc.).
Enfin les COSA (Comités de Santé) des 10 centres ont pu être redynamisés Sur la dernière phase du projet, le Comité d’Aide Médicale a en effet mis l’accent sur l’accompagnement des comités de santé, en vue de préparer sur le long terme les conditions d’un recouvrement des coûts dans les structures sanitaires appuyées.
Malheureusement la transition vers le développement n’a pu être assurée. Les financements de l’Union Européenne n’étant toujours pas disponibles pour prendre le relais à la fin des financements ECHO, le Comité d’Aide Médicale a assuré la transition avec des activités réduites au minimum pendant un mois sur fonds propres. Finalement à la mi-août un appui limité d’OCHA permettant le maintien du programme jusqu’à la fin octobre 2005 a pu être obtenu. Toutefois, la situation sécurité s’étant fortement dégradée à la mi-octobre, il n’a pas été possible d’assurer dans les temps la distribution de médicaments prévue. Le bureau du CAM a dû fermer le 31 octobre 2005 faute de financements et une mission du siège a été organisée en décembre pour tenir l’engagement envers le bailleur et les bénéficiaires d’assurer la distribution restante en médicaments.
Perspectives du CAM dans le Pool
L’absence de supervision des centres, les ruptures en médicaments, l’arrêt des primes de motivation et le désengagement forcé du CAM faute de financements ont brisé les dynamiques qui s’étaient mises en place depuis décembre 2003. Tandis que la transition vers le développement n’a pu être assurée après ECHO et que le Pool est de nouveau confronté à des problèmes sérieux d’insécurité, il est important de mobiliser rapidement des fonds d’urgence pour assurer des activités d’urgence (soins de santé primaire et prévention/traitement du paludisme) et ainsi sauver des vies. Le CAM essaie depuis lors de trouver des partenaires financiers pour rester dans le Pool où les besoins des populations sont énormes et où ses partenaires l’attendent. Le désengagement des bailleurs de cette région enclavée est dramatique pour les communautés qui se retrouvent isolées et abandonnées, sans accès à des soins gratuits et de qualité après un appui continu de près de deux ans par le CAM.
Décembre 2003 - juillet 2005 : Programme d’urgence pour l’accès aux soins de santé primaire dans les districts de Goma Tsé Tsé et de Mayama-Kidamba, région du Pool
Bailleur : ECHO (260 000 € de décembre 2003 à juin 2004 et 332 390 € d’août 2004 à juillet 2005)
Secteur : santé
Août 2005 - octobre 2005 : Programme pour l’accès aux soins de santé primaire dans les districts de santé de Goma Tsé Tsé et Mayama-Kidamba, département du Pool
Bailleur : OCHA (50 476 USD)
Secteur : santé
Un projet a été déposé à l’Union Européenne (enveloppe B) et est toujours en attente de réponse. D’autres bailleurs seront sollicités dans les semaines qui viennent pour des fonds d’urgence compte tenu de la dégradation de la situation dans le Pool.